
Réglementation
Seuils du droit des cartels : examen des fusions par la COMCO
La Commission de la concurrence (COMCO) est une autorité fédérale indépendante chargée du contrôle des concentrations. L’art. 9 LCD subordonne l’obligation de notification à des seuils de chiffre d’affaires.
Introduction : L’importance des seuils du droit des cartels
La Commission de la concurrence (COMCO) est une autorité fédérale indépendante et assure le contrôle des concentrations. L’art. 9 LCD subordonne l’obligation de notification à des seuils de chiffre d’affaires.
Si les entreprises participantes atteignent les seuils fixés à l’art. 9 LCD, elles doivent notifier l’opération de concentration à la COMCO avant sa réalisation. Les chiffres d’affaires réalisés au cours du dernier exercice précédant la concentration sont déterminants.
Les seuils selon l’art. 9 al. 1 LCD
Une fusion entre deux entreprises auparavant indépendantes est considérée comme une concentration d’entreprises au sens de l’art. 4 al. 3 let. a LCD. Les art. 9 ss LCD ainsi que l’Ordonnance sur le contrôle des concentrations (OCC) s’appliquent.
Le premier seuil concerne le chiffre d’affaires global : les entreprises participantes ont réalisé ensemble un chiffre d’affaires d’au moins 2 milliards de francs ou, en Suisse, d’au moins 500 millions de francs.
Un second seuil doit également être rempli : au moins deux des entreprises participantes ont réalisé chacune en Suisse un chiffre d’affaires d’au moins 100 millions de francs. Ce n’est que lorsque ces deux seuils sont atteints qu’existe, selon l’art. 9 al. 1 LCD, l’obligation de notifier l’opération avant sa réalisation.
Les chiffres d’affaires libellés en devises étrangères sont convertis en francs suisses selon les principes suisses de comptabilité généralement reconnus. Celui qui vérifie le respect des seuils doit donc convertir l’ensemble des chiffres d’affaires du groupe en francs.
L’art. 10 LCD définit l’objectif du contrôle préventif des concentrations. Il vise à empêcher qu’une concentration ne crée ou ne renforce une position dominante susceptible d’éliminer une concurrence efficace.
La révision partielle adoptée par le Parlement en décembre 2025 introduit le test SIEC comme nouveau critère d’examen. Dès lors, la COMCO pourra intervenir si une concentration entrave de manière significative une concurrence efficace, même en deçà du seuil de position dominante. L’accent est mis sur les effets concrets sur la concurrence.
Avantages et risques du test SIEC dans le nouveau droit des cartels
- Avantage : Prévention élargie de la concurrenceLa COMCO peut intervenir même en l’absence de position dominante
- Risque : Pression accrue lors de l’examen pour les entreprisesNouvelle focalisation sur les effets concrets sur la concurrence
Procédure en cas de dépassement des seuils : notification et examen par la COMCO
La notification s’effectue auprès du secrétariat de la COMCO au moyen de la notice et du formulaire « Projet de concentration », qui détaille les indications requises par l’OCC. Une notification est possible avant même la signature du contrat, pour autant que les entreprises démontrent de manière crédible leur intention de le conclure.
Le délai d’un mois imparti pour l’examen préliminaire commence le jour suivant la réception d’une notification complète par le secrétariat. Durant cette période, la COMCO examine si la concentration nécessite un examen approfondi.
La COMCO vérifie si une concentration soumise à notification remplit les conditions légales justifiant une intervention. Selon l’art. 34 LCD, une telle opération ne peut produire ses effets civils par son inscription au registre du commerce qu’après avoir été examinée et autorisée par la COMCO.
Pour l’examen d’une notification, la COMCO perçoit une taxe. Celle-ci est calculée en fonction du temps consacré, sur la base d’un taux horaire compris entre 100 et 400 francs.
Si les entreprises participantes violent leur obligation de notification, la procédure est ouverte d’office (art. 35 LCD). Si nécessaire, la COMCO peut ordonner des mesures visant au rétablissement de la concurrence (art. 37 LCD).
Conclusion : Quand les entreprises devraient-elles engager un examen ?
Les entreprises devraient vérifier dès la phase de planification si elles atteignent les seuils de chiffre d’affaires de l’art. 9 LCD : 2 milliards de francs au niveau mondial ou 500 millions de francs en Suisse, et au moins deux participantes avec un chiffre d’affaires d’au moins 100 millions de francs chacune en Suisse. Si tel est le cas, elles doivent notifier la concentration à la COMCO avant sa réalisation.
Celui qui ignore l’obligation de notification s’expose à une procédure ouverte d’office. Une entreprise qui réalise une concentration soumise à notification sans la déclarer encourt une amende pouvant aller jusqu’à un million de francs (art. 51 LCD).


