
Paysage concurrentiel
Paysage concurrentiel suisse : structures de marché, concentration et règles
La Suisse et l'Autriche sont des pays de petite taille tournés vers l'exportation. Leur PIB par habitant figure parmi les plus élevés au monde.
Contexte macroéconomique : spécialisation et commerce extérieur
La Suisse et l'Autriche sont des économies de petite taille tournées vers l'exportation. Leur PIB par habitant se classe dans le peloton de tête mondial. En Suisse, le PIB réel par habitant a augmenté d'environ 17 % entre 2006 et 2025, contre près de 10 % en Autriche.
En 2025, la Suisse affichait un PIB par habitant ajusté du pouvoir d'achat d'environ 97'500 dollars (8e rang), tandis que l'Autriche atteignait 75'000 dollars (21e rang). Le niveau suisse se situait 5 % au-dessus de celui d'avant la crise de 2019, alors que l'Autriche restait légèrement en dessous.
Cette spécialisation différenciée façonne la compétitivité. La Suisse est dominée par des industries hautement spécialisées (Roche, Nestlé, Swatch) et des services globaux (Swiss Re). L'Autriche repose sur une industrie et une économie de marques largement diversifiées (Voestalpine, OMV, Andritz, Red Bull).
Évolution économique Suisse vs Autriche (2006–2025)
- 17%Croissance réelle du PIB par habitant (2006–2025)
- 10%Croissance réelle du PIB par habitant (2006–2025)
- 2025PIB par habitant ajusté du pouvoir d'achat — 97'500 $ (8e rang)
- 2025PIB par habitant ajusté du pouvoir d'achat — 75'000 $ (21e rang)
- 2019PIB par habitant par rapport au niveau d'avant-crise — 5 % au-dessus du niveau (Suisse)
- 2019PIB par habitant par rapport au niveau d'avant-crise — légèrement en dessous (Autriche)
Structure du marché agricole : concentration et agriculture biologique
En 2024, la Suisse comptait 47'075 exploitations agricoles, soit 1,3 % de moins qu'en 2023. La surface agricole utile moyenne a augmenté de 30 ares pour atteindre 22,1 hectares. La part des exploitations de plus de 30 hectares a continué de croître, signe d'une concentration accrue.
Pour la première fois depuis 2010, l'agriculture biologique stagne : 7'889 exploitations bio (nombre inchangé) cultivaient près d'un cinquième de la surface agricole utile (190'950 hectares).
La consommation bio dans le commerce de détail s'est stabilisée en 2024 avec une hausse du chiffre d'affaires de 0,3 %. Parallèlement, la part des personnes ayant une consommation bio élevée a progressé de six points de pourcentage entre 2022 et 2024, atteignant 55 %.
Selon le Baromètre bio, on observe chez les grands consommateurs de produits biologiques une tendance à réduire la consommation de viande et une légère augmentation des repas végétaliens.
Évolution de la consommation bio et des exploitations biologiques en Suisse (2022–2024)
- 2024Part des personnes à forte consommation bio — 55 %
- 2024Croissance du chiffre d'affaires bio dans le détail — 0,3 %
Marché des véhicules utilitaires : stabilité, électrification et contexte conjoncturel
Le marché suisse des véhicules utilitaires est resté robuste en 2024 malgré une conjoncture morose : 42'205 nouvelles immatriculations, soit seulement 38 véhicules de moins que l'année précédente. La croissance du PIB pour 2024 a été estimée à 0,9 %.
Les véhicules utilitaires lourds de plus de 3,5 tonnes ont progressé de 11,6 % pour atteindre 4'876 unités. La part de marché des camions électriques a atteint un record de 11,8 % (8,8 % en 2023).
Dans la catégorie de poids de 18 à 26 tonnes, davantage de camions électriques (159) que diesel (155) ont pris la route en 2024 pour la première fois. Thomas Rücker, directeur d'auto-schweiz, y voit des investissements dans une logistique respectueuse du climat, favorisés par une sécurité des investissements existante.
La branche s'inquiète des nouvelles valeurs cibles en matière de CO2 pour les véhicules utilitaires : sans augmentation significative de la part de l'électrique, de lourdes sanctions sont à craindre. Les prévisions conjoncturelles pour 2025 tablent sur une croissance de 1,5 %.
Part de marché des camions électriques par catégorie de poids (2024)
- 18Catégorie à 26 tonnes : camions électriques — 159
- 18Catégorie à 26 tonnes : camions diesel — 155
- 2024Part de marché des camions électriques (total, ) — 11,8 %
Chiffres clés du marché des véhicules utilitaires 2024
- Nouvelles immatriculations totales42'205
- Hausse des véhicules utilitaires lourds (>3,5 t)11,6 %
- Camions électriques (2024)11,8 % de part de marché
- Croissance du PIB 2024 (estimée)0,9 %
Règles de concurrence : la LCD et la nouvelle interdiction du greenwashing
La Loi fédérale contre la concurrence déloyale (LCD) constitue depuis 1986 le pilier central du droit de la loyauté commerciale en Suisse. Elle protège une concurrence loyale pour tous les acteurs du marché – concurrents, clients, associations et Confédération.
Depuis le 1er janvier 2025, une interdiction du greenwashing avec renversement de la charge de la preuve est en vigueur (art. 3 al. 1 let. x LCD). Les allégations climatiques doivent être étayées par des bases objectives et vérifiables, telles que des bilans de gaz à effet de serre établis selon des normes reconnues.
Les infractions peuvent faire l'objet de poursuites civiles et pénales, ces dernières étant passibles d'une peine privative de liberté allant jusqu'à trois ans (art. 23 LCD). Des plaintes peuvent également être déposées auprès de la Commission suisse pour la loyauté (CSL), organe d'autorégulation.
D'autres faits constitutifs centraux de la LCD incluent la publicité trompeuse, les méthodes de vente agressives, la publicité comparative, le spam et les conditions générales abusives. Une conformité systématique à la LCD réduit le risque de mises en demeure et garantit la crédibilité de la communication en matière de durabilité.
Impacts de la nouvelle interdiction du greenwashing (LCD) dès 2025
- AvantagesRenforcement du marché basé sur la confiance, charge de la preuve claire pour les allégations climatiques, protection contre la publicité trompeuse en matière de durabilité
- InconvénientsEfforts de conformité accrus pour les entreprises, risque de sanctions pénales pouvant aller jusqu'à trois ans de prison, charge administrative accrue en cas de documentation insuffisante

